Les recommandations, contrairement aux promesses, n'engagent que ceux qui les donnent. Nous recevons chaque jour des dizaines, voire des centaines de recommandations. Des livres. Des films. Des restaurants. Des personnes, même. Et avec les réseaux sociaux, c'est devenu une véritable industrie. On nous conseille. On nous recommande. On nous prévient surtout. Au cas où. Au … Lire la suite De toute évidence
Un homme, ça s’empêche
L'une de mes citations préférées de Camus est sans doute l'une des plus absurdes. Une phrase qui, sans contexte, n'a presque aucun sens. « Un homme, ça s'empêche. » Quelques syllabes. Et pourtant, tout est là. Toute une philosophie. Toute une sagesse. Et c'est cette phrase qui me revient dernièrement dans chaque décision, dans chaque … Lire la suite Un homme, ça s’empêche
Anatomie d’une question
Le propre de la bien-pensance, c’est souvent d’arrêter de penser.Ou plutôt : arrêter de réfléchir, puis appeler cela une conscience morale. Se satisfaire de sa position, se convaincre qu’on a raison, que les autres ont tort, et surtout éviter soigneusement toute question qui pourrait fissurer le confort intellectuel dans lequel on s’est installé. Il suffit … Lire la suite Anatomie d’une question
Tout saloper
Elle vend des photos, des messages personnalisés, peut-être des fantasmes. Elle assume. Elle ne s’excuse pas. La championne olympique allemande de bobsleigh, Lisa Buckwitz ne se soucie pas de la “déchéance”. Et là, soudain, on crie à la décadence. Comme si le sport venait d’être sali. Mais qu’a-t-elle réellement salopé ?
Finir le feu
Le feu transforme la chair, rend les aliments plus digestes, libère des calories. Richard Wrangham avance que la cuisson a littéralement modelé notre évolution biologique. Le feu aurait agrandi notre cerveau. Il nous a rendus capables de penser le monde autrement. Autrement dit : il a nourri ce qui nous dépasse.
Sidna Ramadan, ou l’anatomie de notre générosité
À chaque fois qu’on interroge des visiteurs de notre contrée, la même phrase revient comme un slogan touristique mal assumé : les Marocains sont généreux. Les étrangers la répètent avec un mélange d’étonnement et de gratitude. Ils la rangent dans la même vitrine que le soleil, les épices et la mer. Hospitalité incluse dans le … Lire la suite Sidna Ramadan, ou l’anatomie de notre générosité
La physique qui bat le physique, parfois
Mais le problème n’a jamais été la phrase. Le problème, c’est ce qu’on en fait. Toujours. Parce que dès qu’un mot dépasse un peu, surgissent les fhamators. Les spécialistes de l’explication postérieure. Les chirurgiens du ralenti. Ceux qui dissèquent le match une fois qu’il est mort et qui vivent du commentaire comme d’autres vivent du blé : gagne-pain, small talk télévisé, indignation calibrée, colère sponsorisée.
Hydre Maroc
C’est étrange, un pays. On construit des barrages pour retenir l’eau. Puis on ouvre les vannes pour ne pas être submergés. On prie pour la pluie. Puis on prie pour qu’elle s’arrête. À chaque tête de sécheresse coupée, repousse l’inondation. On veut la pluie en brochure, pas en torrent.
Le roi des Sages
Car la sagesse n’est pas un privilège institutionnel. Elle est une discipline intérieure. Il nous faut apprendre à ne pas confondre la fierté avec la frénésie. La dignité avec le vacarme. La critique avec le nihilisme. La colère peut être juste. Mais elle devient dangereuse lorsqu’elle se nourrit d’elle-même.
Renoncer à la nuance
Le vrai piège n’est pas le “nous”. C’est le besoin de parler au nom d’un bloc. Comme si l’expérience devait être collective pour être légitime. Comme si l’individu ne suffisait pas.









